Une prise de parole décryptée grâce à l’analyse comportementale

Parce qu’une prise de parole à la télévision, à la radio où même en presse peuvent être stressantes, même pour les dirigeants d’entreprise les plus expérimentés, voici un article qui revient sur les atouts de l’analyse comportementale, plus poussée et complémentaire au media training.

Il y a an, presque jour pour jour, on m’a demandé d’analyser les prises de parole d’un grand dirigeant du CAC 40. En effet, suite à une décision importante de son groupe, un portrait de lui était prévu dans une prestigieuse revue. L’occasion de faire le point sur sa personnalité et dynamique comportementale. Une mission que j’ai réalisée avec un grand enthousiasme. Et qui m’a permis de déployer la méthodologie sémiologique.

Je partage ici avec vous les principaux niveaux de l’analyse pour vous donner une idée des points que l’analyse sémiologique fait émerger pour ce bilan d’image.

L'analyse comportementale : décrypter les gestes et les mots 1/2
L’analyse comportementale : décrypter les gestes et les mots 1/2

bloc#1 L’analyse corporelle : un focus sur les gestes et les émotions

Le premier bloc est celui de l’analyse corporelle. Elle répond aux questions suivantes :

  • quelles sont les postures « signature » ?
  • quelles sont les émotions les plus visibles ?
  • est-ce en cohérence avec l‘imaginaire collectif construit autour de cette personnalité publique ? quelles sont les projections collectives ?
  • les prises de parole sont-elles suffisamment « charismatiques » ?

bloc#2 L’analyse de la personnalité : un focus sur les interactions

Ce second bloc analyse en profondeur les dynamiques comportementales en situation d’interaction, lors d’interviews, par exemple. Voici les axes qui sont développés :

  • les gestes et postures interactionnelles en fonction du « sémiotype » ;
  • les gestes et les mots sont-ils vecteurs d’authenticité ? y’a-t-il congruence ou incongruence entre le « dit » (les mots) et le « montré » (les gestes) ;
  • la dynamique comportementale par rapport au contexte et à l’histoire de l’entreprise : quels effets de sens produits ?
  • quels sont les zones investies ? les zones d’inconfort ? et les zones aveugles dans le discours ?

bloc#3 La gestion du stress en situation médiatique

Ce troisième bloc étudie les effets de « FLOW » et soulève les points suivants :

  • Etat de flow : voix assurée, gestuelle fluide et rythmée, détente du corps ;
  • Stress contrôlé : mode récitation, focalisation du regard, absence de clignements de paupières, etc.
  • Stress anxieux : apparition des gestes parasites, des bégaiements, etc.

L’analyse fait ressortir les situations médiatiques les plus difficiles pour le locuteur en fonction du contexte.

bloc#4 l’analyse sémantique : des mots au style

Ce quatrième bloc est précisément fondé sur l’analyse sémantique des discours. Cette analyse repose sur plusieurs niveaux complémentaires :

  • l’analyse des pronoms personnels versus les tournures impersonnelles ;
  • la roue lexicale : les mots les plus récurrents et leur connotation (euphorique ou dysphorique) ;
  • le style rhétorique : quelle dynamique relationnelle est construite à travers le discours ?

Il est toujours très pertinent de comparer ce bloc sémantique avec les blocs comportementaux précédents. C’est aussi cette comparaison qui permet d’évaluer le degré de congruence dans la prise de parole.

L'analyse comportementale : décrypter les gestes et les mots 1/2
L’analyse comportementale : décrypter les gestes et les mots 1/2

bloc#5 les recommandations

Bien sûr, cette analyse approfondie permet la consolidation des recommandations pour construire des prises de paroles pertinentes et importantes dans les médias.

Pourquoi est-il pertinent de mener ce type d’analyse comportementale ?

L’analyse comportementale est un indispensable. Pour deux raisons principales. Tout d’abord, parce que les mots et les gestes sont complémentaires. Les zones du cerveau sollicitées chez les spectateurs ne sont pas les mêmes. C’est pour cela qu’il est important de comparer les niveaux gestuels, comportementaux et sémantiques. Il est donc nécessaire de faire « passer son message » sur ces différents canaux.

Ensuite parce que notre cerveau humain se montre très sensible à la question de l’authenticité : les corps en hyper contrôle et les discours langue de bois, s’ils permettent de maîtriser la prise de parole, sont rarement perçus positivement. Voici quelques exemples ci-dessous.

DSK sur TF1 et sa « faute morale »

Jérôme Cahuzac sur BFMTV et sa « part d’ombre »

Jérôme Lavrilleux sur BFM TV et l’affaire Bygmalion

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