Et si la formation sur des thématiques comme la négociation, le body language et la communication était plus pertinente à distance ? C’est ce que je souhaiterais vous démontrer dans cet article. En effet, le « New Learning » utilise les apports des neurosciences. Retrouvez également le top 3 des erreurs les plus courantes lorsqu’il s’agit de formation à distance.

La formation à distance, mieux qu'avant grâce au New Learning et neurosciences !  Le top 3 des erreurs de la formation à distance ci-dessous...
La formation à distance, mieux qu’avant grâce au New Learning et neurosciences ! Le top 3 des erreurs de la formation à distance ci-dessous…

La révolution numérique, c’est maintenant, surtout pour la formation !

Ce n’est pas forcément par choix ou par désir, mais nous n’avons plus tellement le choix. A l’heure où j’écris ces lignes, un second reconfinement est envisagé très sérieusement. Bien sûr, de nombreux secteurs, comme l’événementiel (les salons, les conférences, etc.) sont impactés directement. Mais la meilleure façon de « muscler son adaptabilité », c’est bien de trouver des avantages à cette situation que vous vivez – et qui ne dépend pas de vous. Et concernant la formation, croyez-moi, il y en a !

La révolution numérique, cela fait un moment qu’on en parle. Et si on l’a experimenté avec nos téléphones et la toute-puissance des GAFAM, force est de constater qu’en matière de formation, nous sommes encore à la traîne. Tout d’abord l’école. Selon l’OCDE, l’école française est à la traine dans l’usage des TIC (technologies de l’information et de la communication). En effet, seuls 45% des enseignants du secondaire français se disent aptes à enseigner avec le numérique, contre 67% pour la moyenne de l’OCDE. La France est donc dans les 3 derniers pays. Maintenant, concernant la formation à distance. Il y a deux ans, le rapport du World Economic Forum pointait déjà du doigt la position de la France au 23e rang (le Danemark occupant la 1ère place et les États-Unis la 7e).

 » Nous savons par ailleurs, que la France se situe au 4e rang mondial pour la qualité de ses ingénieurs et de ses scientifiques. Ceci laisserait penser que notre retard est culturel et non technologique”.

Laurent Cohen-Tanugi, rapporteur auprès de Christine Lagarde, à l’époque ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi.

Et concernant le télé-travail ? Dans cet article de FranceTvInfo, on parle d’environ 80% des personnes qui avaient déjà l’intention de poursuivre le télétravail au-delà de la crise sanitaire. Avec un effet étonnant : plus on utilise le télétravail, plus on le plébiscite. Notamment pour sa flexibilité, son autonomie et son efficacité. Si vous souhaitez davantage de chiffres, vous pouvez vous rendre sur la page de cette étude Malakoff Humanis

La formation à distance : du « e-learning » au « new learning »

C’est pourtant au début du XXème siècle qu’il faut se replonger pour comprendre l’importance des enjeux pédagogiques. Une question que se posait déjà à l’époque Célestin Freinet. L’histoire de cet instituteur est assez incroyable. Je vous la livre très brièvement, elle se déroule au coeur de la Première Guerre Mondiale. C’est en 1914 qu’il obtient un poste d’enseignement à Saint-Césaire. En 1916, il incorpore l’infanterie. Malheureusement, l’année d’après, il reçoit une balle en plein poumon. Il sera soigné mais en gardera des séquelles toute sa vie.

Conséquence directe : à son retour de la Grande Guerre, Célestin Freinet retrouve son poste d’enseignant. Seul hic, il est fatigué beaucoup plus vite qu’auparavent. Dit autrement, il ne peut enseigner comme il le faisait auparavent. Et pour s’adapter à sa nouvelle condition, Célestin Freinet va développer une pédagogie inventive et inédite pour l’époque. Elle portera le nom d’ « école moderne », en opposition à une école d’enseignement traditionnaliste.

En quoi consiste cette pédagogie ? Très brièvement, elle demande une participation plus active et plus responsabilisée de l’enfant, alors considéré comme un adulte. L’enseignement est coopératif.

« Freinet a critiqué également la pédagogie du jeu, comme d’ailleurs le philosophe Alain. C’est parce que l’enfant est dépouillé de responsabilités réelles que son activité se réfugie dans le jeu. L’éducateur, en le responsabilisant et en le considérant comme un adulte, l’aidera à grandir de façon naturelle. Contrairement à la plupart des autres pédagogues, Freinet considère que l’enfant et l’adulte ont pour l’essentiel la même nature. Il voit même là le premier « invariant » pédagogique. »

Wikipedia

Quel lien, me direz-vous, avec les événements que nous connaissons en ce moment ? L’approche de Célestin Freinet est inspirante car elle nous démontre la loi suivante : plus l’individu prend en charge sa formation, plus il retient de l’information. Dit autrement : plus la personne est en autonomie dans la réalisation de certaines tâches, plus elle en retire des bénéfices concrets.

Top 3 des erreurs classiques de la formation à distance et e-learning

Erreur n°1 : Faire exactement la même chose qu’en présentiel

C’est le premier réflexe : on ne peut pas être tous ensemble dans la même pièce, ce n’est pas grave, délivrons tout de même le même contenu. Bien sûr cette approche permet de gagner du temps : le PPT est exactement le même.

C’est dommage, car le numérique propose de nombreuses activités numériques interactives qui utilisent, en la détournant, notre tendance à avoir notre téléphone portable greffé à notre main. Actuellement sur Netflix, le très bon documentaire « The Social Dilemma », nous informe de la manière dont les GAFAM utilise notre temps d’attention. Et si nous utilisions ces techniques pour un usage qui serait celui-ci de la formation et de l’apprentissage ?

Erreur n°2 : Surcharger cognitivement ses participants et les ennuyer

C’est le grand classique : on remplace une journée de présentiel par une journée en virtuel. Ni vu ni connu ? Pas vraiment… L’interaction homme-machine ne provoque pas les mêmes effets. Ce nouveau terrain de jeu est d’ailleurs au centre de certaines disciplines comme les neurosciences et sciences cognitives. Quels sont les principaux inconvénients ?

Cause n°1: Le regard moins dirigé implique un déficit d’attention et un manque d’intérêt

Le regard de l’autre active chez nous des zones spécifiques de notre cerveau.

«Si vous regardez quelqu’un d’autre droit dans les yeux, vous lui apparaissez comme si vous ne le regardiez pas correctement. Pour y parvenir, vous devez regarder le côté droit de la caméra»

L.M Sacasas, philosophe

Et c’est ce décalage qui participe à un déficit d’attention chez votre interlocuteur. Les regards ne sont plus synchrones, et cela a un impact direct sur notre capacité à gérer l’information. Il faut donc se forcer à bien regarder sa caméra.

Cause n°2 : L’absence de corps dans la communication digitale demande un effort important de concentration

La communication non-verbale est très largement impacté par la communication à distance. Vous pouvez retrouvez ici la vidéo qui approfondit cette problématique. En effet, vous avez besoin de compenser l’absence d’informations corporelles et comportementales en vous concentrant davantage sur le paraverbal (le ton et la voix) et le discours (les mots). Les informations faciales étant, quant à elles, plus difficiles à identifier. Tout cela concourt à un effort cognitif beaucoup plus important qu’habituellement. Les Zooms et les Teams qui durent des heures sont donc à proscrire.

Cause n°3 : Le décalage temporel entre l’émission et la réception du message

Les décalages temporels entre l’émission du message et sa réception mettent notre cerveau en souffrance. En 2014, un groupe de chercheurs s’est penché sur l’utilisation du smartphone dans le cadre conversationnel. Un décalage supérieur à 1,2 seconde met en défaut notre capacité de concentration.

«La première expérience montre que les interlocuteurs sont perçus comme étant moins attentifs lorsqu’ils conversent dans un cadre à trois avec des conditions de retard symétriques et asymétriques»

Katrin Schoenenberg, Alexander Raake et Judith Koeppe, The International Journal of Human-Computer Studies, 2014

C’est ce type de phénomène que l’on peut observer lorsque la technique n’est pas optimale. Lors d’échanges Zoom ou Teams, il peut arriver que le message du locuteur arrive de manière décalée. La technique informatique défaillante et les modalités de transmission brouillées du message en lui-même viennent parasiter la communication. Les live nécessitent une préparation minutieuse et des tests en amont.

Erreur n°3 : Ne pas diversifier les canaux de communication

Le numérique permet une grande diversité des canaux de communication, du plus formel et conventionnel au plus aformel et communautaire. Il est fort dommage de s’en priver. Aujourd’hui, force est de constater que le mail reste la voix/voie royale pour les collaborateurs de s’exprimer. Or cette tendance peut s’avérer nocive :

« Aujourd’ hui, j’ai dénombré 28 mails du même responsable. »

Témoignage de François-Xavier, responsable technique projet dans un grand groupe, article du Monde « j’en ai ma dose : les dégâts du télétravail ».

Or diversifier les canaux avec des approches plus aformelles permet de ventiler les échanges. What’s app, Slack, Facebook, tous ses réseaux communautaires participent à conserver un lien social et tribal entre les équipes. C’est, d’une certaine manière, apporter du « cerveau droit », dans un monde qui s’est réduit à communiquer façon « cerveau gauche ».

Vous pouvez retrouvez les solutions que je propose ici.

e-learning : les "Dos & Donts" : faire la même chose qu'en présentiel, surcharger cognitivement et ennuyer, cultiver un registre purement formel et sérieux versus faire des activités seulement possibles on-line, favoriser l'autonomie et la responsabilisation, encourager les tribus aformelles.
e-learning : les « Dos & Donts » : faire la même chose qu’en présentiel, surcharger cognitivement et ennuyer, cultiver un registre purement formel et sérieux versus faire des activités seulement possibles on-line, favoriser l’autonomie et la responsabilisation, encourager les tribus aformelles.

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