Héritage lacanien, le modèle RSI est très facilement utilisable et compréhensible.

1- Pour une psychanalyse des organisations : l’apport du noeur borroméen lacanien

Dans leur ouvrage « Psychanalyse des organisations« , Arnaud, Fugier et Vidaillet reprennent, entre autres, la structure du noeud borroméen lacanien. C’est l’un des éléments les plus pertinents pour comprendre les enjeux au sein d’une organisation.

Cette architecture est l’une des meilleurs pour expliquer les dangers d’une culture d’entreprise mal équilibrée. En effet, ce travail ethnologique d’immersion au sein des organisations permet de structurer les rapports entre :

  • le Réel : c’est la capacité à analyser les indicateurs factuels (veille technologique, veille concurrentielle, audit social, etc.) ;
  • le Symbolique : c’est ce qui réunit et rassemble. Pour Lacan, c’est le langage et ses codes (la ritualisation des échanges, les signes de légitimité, le mythe fondateur, etc.)
  • l‘Imaginaire : c’est la « boîte à fantasmes » et autres projections qui nous nourrissent. Le storytelling, les histoires qu’on se raconte, en font partie.

2- Le modèle RSI, pour appréhender concrètement la culture d’entreprise

Le modèle borroméen de Lacan revisité pour les entreprises : Réel, Imaginaire et Symbolique
Le modèle borroméen de Lacan revisité pour les entreprises : Réel, Imaginaire et Symbolique

Vous pouvez creuser cette application concrète et développée par le consultant Patrice Stern dans cet article du Cairn (« Une boîte à outils lacanienne au service du conseil« ).

« Le modèle « réalité, symbolique, imaginaire » (RSI) est l’une de ces méthodes de diagnostic, relativement peu utilisée bien que facilement communicable auprès des dirigeants et des salariés de l’entreprise. Ce modèle est librement inspiré de ce que Jacques Lacan a appelé le nœud borroméen. Utilisé par les psychanalystes de cette obédience, il a été judicieusement (certains diraient abusivement) détourné par des consultants qui en ont fait un outil d’analyse. »

Patrice Stern

Le consultant nous aiguille sur les principaux dangers et écueils des entreprises :

  • le déni de réalité. C’est lorsque l’entreprise se « masque » le réel pour ne pas remettre en cause sa stratégie et sa structure. C’est le moment où les « anti-corps » de l’entreprise contre le changement s’agitent. Ils font tout pour rester dans un modèle figé par le temps et non pertinent.
  • l’hypotrophie de l’imaginaire. C’est le manque de perspectives et de projets ambitieux qui se traduit par un imaginaire collectif maigre au sein de l’entreprise. Il n’y a plus d’histoires (storytelling) pour fédérer les collaborateurs à la mission de l’entreprise.
  • l’inflation de l’ego à travers les signes ostentatoires. Lorsque le Réel n’est plus perçu, lorsque l’Imaginaire s’appauvrit, alors on se raccroche au symbolique comme une puce à son chat… Et la voiture du PDG grossit, le séminaire de fin d’année est particulièrement grandiose, les codes hiérarchiques amplifiés.

3- Des signes et des symboles qui ne séduisent plus les jeunes générations

A ce titre, le dernier article des Echos évoque une évolution des enjeux symboliques : « Prépa, carrière, belle voiture… Ces symboles de la réussite dont on ne veut plus« . Avant toute chose culturels, les symboles évoluent avec le temps. Vraissemblablement la « grosse voiture » ne séduit plus générations X, Y et Z. Ils seraient intéressant de comprendre quels sont les nouveaux codes symboliques attendus par ces jeunes générations.

Quelques notions de post-modernité nous mettent sur la piste : le fonctionnement en tribu, l’autonomie dans l’emploi du temps (« le présent éternel ») et l’esthétisation des activités (versus une vision purement utilitariste), notamment.

4- Pour aller plus loin

Vous pouvez retrouver le chapitre 1/4 sur la définition de la culture d’entreprise.

Le chapitre 3/4 de la culture d’entreprise est à venir, il aborde les évolutions temporelles majeures et changement d’époque.

Les infographies sont réalisées grace aux templates de la chaine Youtube PowerUpwithPowerPoint.

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