DIffusée hier soir, l’Emission Politique avec François Fillon aura fait parler d’elle. Avec un résultat mitigé à la clef : François Fillon aura su convaincre les partisans. En effet, son score est plus fort qu’avant la Primaire auprès des sympathisants de la Droite. Pour le reste, il enregistre le score le plus faible (23% des Français seulement concernés par ses propos). Une pente que le candidat va avoir du mal à remonter. En tous les cas, le spectacle était assuré ! Les chroniqueurs se sont succédés face à un François Fillon serein et maître de lui-même. Toutefois, impossible de faire l’impasse sur ses éléments de langage. Les mêmes depuis plusieurs semaines… François Fillon serait-il en boucle ? Un mode mental automatique que les neurosciences connaissent bien. Décryptage.

les territoires qui nous gouvernent : du mode automatique au mode adaptatif

Développée par Jacques Fradin à l‘INC, l’Approche NeuroComportemental étudie les typologies cognitifs et comportementaux. Selon cette approche, chaque être humain a deux modes de fonctionnement, l’un automatique (en jaune) , l’autre adaptatif (en vert).

 

Les territoires préfrontaux, au niveau du cortex, s’occupent davantage des situations complexes, non habituelles et non maitrisées. C’est l’intelligence adaptative qui permet de trouver la solution optimale dans une situation inconnue. A l’inverse, les territoires limbiques, aux niveaux néo-limbiques et paléo-limbiques, gèrent les situations simples, routinières et connues. C’est dans cette zone que l’on retrouve les apprentissages, les valeurs, les automatismes qui nous conditionnent. Et qui fondent notre individualité.

Et heureusement que ce pilotage automatique existe, sinon il nous faudrait réapprendre le point de patinage et la façon de passer les vitesses à chaque fois que nous serions au volant d’une voiture ! Impossible. Le mode automatique a donc ses avantages… et ses inconvénients. Il nous enferme dans certains automatismes peu conscients.

6 dimensions différencient le mode adaptatif du mode automatique

 

  • La routine versus la curiosité : prendre toujours le même chemin sans se laisser émerveiller par son décor;
  • La persévérance versus la souplesse : être comme la mouche qui s’obstine à franchir la vitre, au lieu de trouver un autre chemin;
  • La simplification versus la nuance : c’est blanc ou c’est noir ! Sans percevoir le dégradé de gris;
  • La certitude versus la relativité : se répéter j’ai raison versus remettre en cause ses acquis;
  • L’empirisme versus la réflexion : refaire les mêmes recettes qui ont marché plutôt que de penser le système;
  • L’image sociale versus l’opinion personnelle : se soucier très fortement de ce que les autres vont penser plutôt que d’assumer son opinion.

François Fillon est pilote automatique, bloqué dans ses mécanismes de certitude et de simplification

Dans le cas de François Fillon, voici ce que nous avons pu observer :

    • La routine versus la curiosité : les éléments de langage récurrents de ces dernières semaines montre que François Fillon s’enferme dans une routine langagière (et donc de pensée) : « la Justice a fait très vite son travail… du jamais vu sous la Ve République », « on veut nous chasser de la présidentielle », etc.
    • La persévérance versus la souplesse : « j’irai jusqu’au bout, je ne lâcherai rien » montre bien cet état de persévérance (qui rappelle celle de Cahuzac, pour les ressemblances, lire notre billet)
    • La simplification versus la nuance : « le cabinet noir » de l’Elysée. A juste titre, l’humoriste Charline rappelle que François Hollande est un incapable « mais bim le jour où il monte un complot, il réussit et ça tombe sur vous (…) c’est vraiment pas de bol »;

  • La certitude versus la relativité : l’usage répété du présent à valeur de vérité générale montre une non remise en cause profonde ;
  • L’empirisme versus la réflexion : « tout cela est parfaitement légal », « je ne suis pas le seul à le faire », ces déclarations montrent que François Fillon n’est pas dans une démarche réflexive et ne mesure pas les enjeux du LAWFUL BUT AWFUL (traduisez par légal mais non moral) ;
  • L’image sociale versus l’opinion personnelle : ici, François Fillon est plutôt dans un mode adaptatif, il se montre « solide » (pour reprendre ses mots) et assez peu sensible à l’image qu’il renvoie.

 

Pour voir le replay de l’émission c’est ici :

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